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art africain biarritzL'Art africain bientôt à Biarritz !le 28/01 Sce Communication Biarritz présente une exposition inédite sur "l'Art africain".
Elle est le fruit d'une collaboration étroite avec des collectionneurs originaires de la région Aquitaine qui ont accepté de présenter pour la première fois une sélection d'objets rares regroupés en fonction de leur provenance géographique. Masque royal KETE-KUBA, CONGO ZAÏRE Polychromie, plumes rouges. H : 48 cm 1ère moitié XXè siècle, Collection particulière
Cntact presse : Ville de Biarritz – Direction des Affaires Culturelles www.biarritz.fr Marie-Hélène Labasse 05 59 41 57 50 mh.labasse@biarritz.fr Organisation: Ville de Biarritz Direction des Affaires Culturelles Villa Natacha - 110 rue d’Espagne 64200 Biarritz Tél. : 05 59 41 57 50 culture@biarritz.fr / www.biarritz.fr Renseignements: Office de Tourisme de Biarritz 05 59 22 37 10 Prêteurs: Famille Sargos Collaborateurs: Patrick et Catherine Sargos Scientifiques Scénographe: Bureau d’études Tipula, San Sebastian Dates Du 5 avril au 22 juin 2008 Lieu Crypte Sainte - Eugénie, Place Ste - Eugénie Horaires Ouvert tous les jours sauf le mardi de 14h à 19h Tarifs 3-> 6 € Gratuit pour les moins de 12 ans Catalogue « Afrique : de la pensée magique au miracle de l’art ». Patrick et Catherine Sargos, Editions Hazan. Conférence Animée par Patrick Sargos Jeudi 17 avril à 18h à la médiathèque de Biarritz Visites guidées Découverte de l'exposition suivi d'un atelier de Scolaires pratique artistique. Visite proposée par l’association “Question d’Art” 05 59 74 19 07. www.art-canal.com
Un catalogue intitulé « Afrique : de la pensée magique au miracle de l’art » et réalisé par les éditions Hazan sous la direction scientifique de M. Sargos guidera le visiteur dans la compréhension des oeuvres présentées grâce à de nombreux textes documentés et recherches ethnographiques L’exposition La pertinence de l’exposition tient à la qualité des pièces sélectionnées et au choix scénographique qui respecte un équilibre entre ethnologie et esthétique : l’oeuvre, présentée sous l’angle de la lumière, permet au visiteur d’apprécier sa beauté, sa puissance plastique, sa charge émotionnelle, révélant en même temps son identité singulière, issue d’une culture traditionnelle et pourtant saisissante de modernité. La scénographie propose une série d’espaces qui montrent et replacent dans leur contexte les différentes pièces, suggérant un itinéraire « magique » à travers lequel le visiteur ressent la beauté de chaque oeuvre et la finalité pour laquelle elle fut créée par les différentes cultures tribales. La magie est la règle sociale en Afrique tribale : il en découle des rites qui font appel à des objets qui sont des oeuvres d’art. A travers les oeuvres d’art qui sont exposées et les brefs commentaires qui les accompagnent, l’exposition tente de montrer à quel point tout le fonctionnement de la société tribale est tributaire de la pensée magique, soit directement, comme dans la divination ou dans la médecine traditionnelle, soit par l’intermédiaire des cérémonies rituelles. Ces dernières mélangent habilement l’aspect festif du spectacle éblouissant des mascarades dansées et l’aspect plus sombre des invocations des esprits : esprits des dieux, des morts ou des ancêtres, esprits de la brousse ou de la pluie, esprits des sociétés secrètes qui sont responsables de l’ordre social et qui imposent leur loi d’une manière aussi discrète que terrible. C’est ainsi que toutes les sculptures présentées ont eu, dans le passé, un rôle magique et social. Le choix des modèles associés aux différents rites remonte dans la nuit des temps, et les réalisations qui nous sont parvenues attestent d’une longue évolution. Par le biais d’une succession d’améliorations étonnantes, l’allure apparemment naïve de certains masques ou de certaines statuettes, les erreurs anatomiques de toutes sortes, pouvant aller jusqu’à l’énormité, les simplifications caricaturales, ou enfin les postures et les expressions exagérément fortes, tout ce qui caractérise le surréalisme africain, sont en fait entièrement volontaires. Pour comprendre cette forme d’art si étrange, il faut savoir que le seul but à atteindre est le bon fonctionnement de la magie, en restant dans le cadre très strict des coutumes de la tribu. Une partie de l’exposition pensée comme une introduction générale à l’art africain présente sous forme de lexique les éléments-clés du sujet. On apprend, par exemple, ce qu’est un objet de culte ou un objet de cour ; la différence entre un fétiche, une statue d’ancêtre ou un reliquaire ; le rôle des sociétés secrètes et des cérémonies masquées ; ce qu’est un objet authentique, une copie ou un faux. L’itinéraire de l’exposition propose une sélection d’objets classés : - par ethnie : en Afrique noire, les différentes ethnies présentent des particularités qui caractérisent la culture et l’ensemble des pratiques rituelles, avec pour conséquence une production artistique spécifique. - par région : les oeuvres sont regroupées selon quatre grands ensembles géographiques : Afrique de l’ouest
Cette classification est purement géographique, car les styles des différentes ethnies concernées sont sans rapport. Mais beaucoup de sculptures majeures qui ont contribué à faire reconnaître l’art africain dans le monde proviennent de ces régions, et tout particulièrement de la Côte d’Ivoire, véritable pépinière de chefs d’oeuvres. La civilisation DOGON au Mali nous emmène loin dans le passé, au milieu du cadre féerique de la falaise de Bandiagara. Le site de Djenné, dans le delta intérieur du Niger, au Mali, a révélé des terres cuites aux styles étonnants, qui laissent penser que le surréalisme existe en Afrique depuis plus de mille ans.
Nigeria Cette deuxième région est très productive. L’Ouest est dominé par deux ethnies majeures sur le plan artistique, les Yorouba et les Ibgo, dont les oeuvres peuvent être considérées comme des classiques. La partie Est du Nigéria, formée d’une mosaïque d’ethnies est, par le hasard des sélections, moins bien représentée. Les traces des civilisations les plus anciennes d’Afrique subsaharienne, ont été trouvées au Nigéria dans la région de Nok, ou dans les régions voisines de Sokoto et de Katsina. Un mystère total entoure cette civilisation dont il ne subsiste que des statues en terre cuite, et dont certaines sont d’un niveau artistique exceptionnel. D’après les études de datations, la période principale semble s’étendre de -500 à +200. La civilisation d’Ifé, ville sainte des YOROUBA, aurait atteint son apogée entre le XIIe et le XVIe siècle de notre ère. L’art de cour qu’elle nous a légué recèle des chefs d’oeuvre parmi les plus célèbres d’Afrique.
Ce pays est particulièrement bien représenté dans cette exposition. Ce qui caractérise le plus le Cameroun sont les petits royaumes indépendants, d’origine et de culture communes, répartis sur les hauts plateaux de l’Ouest. Leur densité de sculptures est la plus grande de tout le continent. Les objets d’art des chefferies camerounaises sont très souvent des sculptures brutes, ce qui explique leur manque de succès auprès de nombreux amateurs, alors qu’un regard plus approfondi laisse entrevoir des expressions d’une rare force. Un autre aspect de cette partie est la présentation de quatre objets importants provenant des FANG-BOULOU, une ethnie qui révère les singes, mais dont les oeuvres sont très rares.
Gabon, Congo, Congo Zaïre, Angola, Zambie, Soudan, Tanzanie L’Afrique de l’Est et du Sud a produit beaucoup moins d’oeuvres que les autres régions. Cette dernière partie est donc essentiellement dédiée à l’Afrique centrale, constituée du Gabon, du Congo Brazzaville, et surtout du Congo Démocratique, l’ancien Zaïre. Ce dernier est d’un richesse artistique exceptionnelle ; l’exposition, bien qu’essayant de respecter un équilibre dans ses choix, s’est attardée sur les masques du Zaïre : leurs formes irréelles, leurs couleurs naturelles patinées et leurs costumes de raphia, dépayseront complètement le visiteur. Quelques pièces de l’Afrique de l’Est achèveront cette exposition.
A la fin du XIXe siècle, les frères Paul et Léon Sargos, propriétaires terriens dans les Landes de Gascogne, s’installent au Congo où ils acquièrent une concession agricole et sylvicole. Passionnés par les objets de culte africain, ils transforment le domaine familial, à Mimizan dans les Landes, en un véritable musée de l’Afrique. La plus grande partie de cette collection a été dispersée depuis longtemps, et trois des pièces majeures qui subsistent dans la famille sont exposées à Biarritz. Les descendants de Léon Sargos, influencés par le souvenir de leur ancêtre, ont reconstitué des collections d’art africain. Tous les autres objets de cette exposition proviennent donc de ces collections.
Tout au long de leur vie de collectionneurs, tous deux ont eu des contacts enrichissants avec des marchands à la fois connaisseurs et pédagogues, dont le premier a été David Mensah à Dakar. Ces professionnels, indispensables à l’identification des oeuvres sont des relais précieux à la diffusion de la connaissance et à la sauvegarde des objets menacés de destruction naturelle, une tâche qu’ils partagent avec les musées. Dans la perspective de l’exposition présentée à Biarritz et qui accueille les pièces maîtresses de leur collection d’art africain, M. et Mme Sargos ont souhaité la publication d’un catalogue qui rassemble l’ensemble de leurs travaux de recherche menés depuis de nombreuses années. Ce catalogue, réalisé avec les éditions Hazan - une maison d'édition qui a consacré nombre d'ouvrages de qualité sur le sujet de l'art primitif en Afrique - se veut un livre de référence et de vulgarisation. Scénographie: La scénographie a été confiée au bureau d’études Tipula de San Sebastian, concepteur de très nombreuses et prestigieuses expositions (Musée San Telmo, Tabacalera), et en ce moment d’un important projet muséographique autour de l’oeuvre de l’ethnographe et préhistorien Jose Miguel de Barandiaran à Ataun, San Sebastian. Quelques données Repère historiqueLes objets africains commencent à être connus en Europe autour de 1900, avant tout par le biais des conquêtes coloniales et des expositions universelles, au moment où il faut justifier la mission civilisatrice du colonialisme. Ces collectes d’objets apparaissent également au moment où l’ethnologie devient une discipline scientifique : dès sa formation, en 1878, le musée d’Ethnographie du Trocadéro reçoit par exemple divers objets provenant d’abord du Gabon, du Congo, du Dahomey, puis de la Côte-d’Ivoire. Peu avant la Première Guerre mondiale, les premiers collectionneurs d’ « art nègre » (l’expression, qui remonte à 1912, englobait alors les productions africaines et océaniennes), sont des artistes : Braque, Lhote, Vlaminck, Matisse, Picasso… ils trouvent là une nouvelle source d'inspiration - et même un style nouveau, le Cubisme - et contribuent à sensibiliser l’Europe aux expressions plastiques jusqu’ici ignorées. L’art africain se développe par le biais des galeries, des événements mondains (la fameuse « fête nègre » de 1919 donnée par E. de Beaumont, en présence de Gide, Léon-Paul Fargue…) où les collectionneurs, de plus en plus nombreux, appartiennent à l’élite culturelle et mondaine (Jacques Doucet, Giraudoux). Peu à peu, les marchands, avec le concours des ethnographes, amènent l’art africain dans le champ de l’histoire de l’art : les objets sont répertoriés, répartis selon les régions : ils élargissent le public potentiel, devenu suffisamment important pour que les faux se multiplient. De nos jours, de nombreuses expositions, des revues d’art spécialisées (Art Tribal), des salons internationaux soutiennent ce marché et ses collectionneurs, épris de la beauté formelle des sculptures africaines, parmi lesquels des artistes de renom : Baselitz, Alberola, Arman. L’ouverture du Musée du Quai Branly aura marqué un pas significatif dans la reconnaissance de ces civilisations. Repère muséal sur l'art AfricainPlusieurs musées présentent l’art africain en France, les deux plus importants étant situés à Paris : Situé en bord de Seine au pied de la tour Eiffel, le musée du quai Branly, inauguré en juin 2006 réunit les anciennes collections d'ethnologie du musée de l'Homme (250 000 objets) et celles du musée national des Arts d’Afrique et d'Océanie (25 000 objets). 3500 objets sont exposés sur le plateau des collections permanentes réparties en quatre aires géographiques : Afrique, Asie, Océanie, Amérique. Le musée Dapper: Créé en 1986, le musée Dapper, dans le 16ème arrondissement, contribue à la connaissance des arts africains et des Caraïbes avec la programmation de nombreuses expositions (plus de quarante depuis sa création). Actuellement et jusqu’au 30 mars 2008, le musée Dapper propose Animal, une exposition sur le thème de la présence animale dans les arts de l'Afrique subsaharienne (140 oeuvres provenant de grands musées européens, de collections privées ainsi que de son fonds propre). Hors de Paris, on recense un grand nombre de musées, municipaux ou départementaux, qui détiennent des pièces le plus souvent léguées ou données par des personnes ayant eu un lien avec les anciennes colonies françaises d’Afrique à la fin du XIXe et au début du XXe siècle (militaires, administrateurs, commerçants…). A partir des années 80, quelques musées ont fait des efforts pour valoriser leur collection, comme le musée des Beaux-Arts d’Angoulême, le muséum d’Histoire naturelle de Lyon, le musée des Arts africains, océaniens et amérindiens (M.A.A.O.A.) de Marseille ou encore le musée du Périgord à Périgueux et surtout le musée d’Aquitaine de Bordeaux : ses collections extra-européennes sont issues de dons (de collectionneurs, navigateurs, missionnaires…) et d'achats de la ville de Bordeaux qui, forte de son histoire portuaire, a tissé des liens étroits avec l'outre-mer. Par ailleurs, il existe une base de données, le site MuseoArtPremier référençant tous les musées français conservant des artefacts extraeuropéens (Afrique, Amérique, Asie, Océanie). Plus de 200 musées répondent à ce critère avec des collections allant de quelques objets disparates à des ensembles importants et exemplaires de plusieurs milliers d’objets museoartpremier.com Parmi les grands rendez-vous internationaux proposés autour de l’art africain on peut noter :Le Salon International des arts non européens de Bruxelles BRUNEAF : en 20 ans, il est devenu l'une des plus importantes manifestations d'arts non-européens dans le domaine des arts africains, océaniens, précolombiens ou asiatiques et une référence au sein du cercle des collectionneurs. Cette manifestation met à l'honneur les arts d'Afrique, des Amériques, d'Asie et d'Océanie dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris (6è édition en septembre 2007).
Liste des oeuvres TITRES PERIODE PROVENANCE DIMENSIONS Statue d’ancêtre BAMILÉKÉ, personnage assis 1ère moitié XXe siècle Cameroun H : 105 cm Siège caryatide singe BAMILÉKÉ, XVIIIe siècle XVIIIe siècle Cameroun H : 42 cm Masque buffle archaïque BAMILÉKÉ, XVIIIe siècle XVIIIe siècle Cameroun L : 82 cm Poteau caryatide de véranda de palais YOROUBA 1ère moitié XXe siècle Nigéria H : 167 cm Masque bwoom des KUBA 1ère moitié XXe siècle Congo H : 45 cm Fétiche TEKE avec charge magique 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 39,5 cm Couple de cimiers ty-wara 1ère moitié XXe siècle Mali H : 102 cm / 75 cm Puissante tête en terre cuite NOK, 2000 ans d’âge Environ 2000 ans d’âge Nigéria H : 52 cm Masque trois faces IBO, surmonté de deux têtes 1ère moitié XXe siècle Nigéria H : 53 cm Fétiche FON de divination, terre séchée Début du XXe siècle Bénin H : 39 cm Statue FON de désenvoûtement 1ère moitié XXe siècle Bénin H : 82 cm Trois poupées de fertilité NEMJI 1ère moitié XXe siècle Cameroun H : 35, 42, 37 cm Paire de mannequins KWESE 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 109 cm Couple de statuettes MENDE Début du XXe siècle Sierra Leone H : 43 cm Statue Janus TIV 1ère moitié XXe siècle Nigéria H : 143 cm Masque chien MAMBILA 1ère moitié XXe siècle Cameroun L : 43 cm Petit masque chien MAMBILA 1ère moitié XXe siècle Cameroun L : 36 cm Masque chien MAMBILA miniature 1ère moitié XXesiècle Cameroun L : 22 cm Masque SALAMPASU miniature 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 21 cm Masque BAOULÉ miniature 1ère moitié XXe siècle Côte d’Ivoire H : 17 cm Masque bwoom miniature 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 17 cm Masque HEMBA miniature 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 16 cm Masque LWENA miniature 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 16 cm Masque KRAN miniature 1ère moitié XXe siècle Côte d’Ivoire H : 16 cm Figure de reliquaire KOTA XIXe siècle Gabon H : 65 cm Trône caryatide léopard EVHE Début du XXe siècle Ghana L : 56 cm Masque BAMILÉKÉ, société kungan, attirail 1ère moitié XXe siècle Cameroun H : 32 cm Couple de statues déblé des SENOUFO 1ère moitié XXe siècle Côte d’Ivoire H : 84 et 80 cm Couple de jumeaux OUATCHI Début du XXe siècle Bénin H : 53 et 57 cm Couple de jumeaux miniatures ADJA Milieu du XXe siècle Bénin H : 15 cm Cavalier DOGON, bois XVIIe siècle Mali H : 52 cm Costume rituel de chasseur DOGON 1ère moitié XXe siècle Mali H : 110 cm Statuette à pustules, terre cuite, civilisation de Djenné XVIe ou XVIIe siècle Mali H : 26,5 cm Statue-autel BAMBARA, bois XVIIIe siècle Mali H : 96 cm Masque BAMBARA, véritables cornes d’antilope XIXe siècle Mali L : 42 cm Masque BAMBARA de la société du kono Début du XXe siècle Mali L : 103 cm Masque BAMBARA de la société du ntomo Début du XXe siècle Mali H : 72 cm Masque molo des BOBO du Mali Début du XXe siècle Mali H : 141 cm Masque nwenka des BOBO 1ère moitié XXe siècle Burkina Faso H : 132 cm Masque buffle à fibres des BOBO 1ère moitié XXe siècle Burkina Faso H : 59 cm Statue LOBI Début du XXe siècle Burkina Faso H : 121 cm Masque buffle vacca bruto des BIDJOGO 1ère moitié XXe siècle Guinée Bissau H : 64 cm Masque heaume MENDE, fibres Première moitié du XXe siècle Sierra Leone H : 48 cm Statuette en stéatite SAPI XVIe-XVIIe siècle Sierra Leone H : 15,6 cm Masque TOMA terrifiant, gueule de crocodile, cornes, vannerie Début du XXe siècle Guinée H : 85 cm Masque BÉTÉ-GREBO Début du XXe siècle Libéria H : 62 cm Statuette féminine BAOULÉ 1ère moitié XXe siècle Côte d’Ivoire H : 34 cm Masque portrait BAOULÉ Début du XXe siècle Côte d’Ivoire H : 50 cm Grand masque « cracheur de feu » SENOUFO 1ère moitié XXe siècle Côte d’Ivoire H : 86 cm Masque DAN, simiesque, barbe 1ère moitié XXe siècle Côte d’Ivoire H : 25 cm Masque DAN, simple visage Début du XXe siècle Côte d’Ivoire H : 25 cm Masque gla des DAN-GUERE Début du XXe siècle Côte d’Ivoire H : 84 cm Fétiche FON, assis Début du XXe siècle Bénin H : 68 cm Fétiche FON, chaînes d’esclaves, crânes de crocodiles Début du XXe siècle Bénin H : 78 cm Masque gélédé des YOROUBA, polychromie naturelle 1ère moitié XXe siècle Nigéria H : 43 cm Statuette ibedji des YOROUBA, costume de cauris 1ère moitié XXe siècle Nigéria H : 27 cm Statue de divinité assise YOROUBA, patine rouge, 83 cm Début du XXe siècle Nigéria H : 83 cm Porteuse de coupe YOROUBA, polychromie naturelle, 82 cm Début du XXe siècle Nigéria H : 82 cm Masque epa des YOROUBA, surmontée d’une statue Début du XXe siècle Nigéria H : 126 cm Poteau caryatide de palais YOROUBA Début du XXe siècle Nigéria H : 204 cm Statue en terre cuite NOK, 149 cm Environ 1800 ans d’âge Nigéria H : 149 cm Masque IBO, visage blanc, grande coiffe polychromée 1ère moitié XXe siècle Nigéria H : 60 cm Masque à quatre faces des IBO 1ère moitié XXe siècle Nigéria H : 61 cm Statue alusi des IBO XIXe siècle Nigéria H : 136 cm Statuette ikenga des IBO 1ère moitié XXe siècle Nigéria H : 51 cm Exceptionnel tambour IBO, 400 kg XIXe siècle Nigéria L : 220 cm Exceptionnel masque mbédiké noir des IBO Début du XXe siècle Nigéria H : 105 cm Masque mbédiké, polychromie jaune, des IBO 1ère moitié XXe siècle Nigéria H : 36 cm Petit masque polychrome ogbu des IBO 1ère moitié XXe siècle Nigéria H : 33 cm Statuette assise, avec chapeau, probablement IBO Début du XXe siècle Nigéria H : 68 cm Masque éléphant IZI 1ère moitié XXe siècle Nigéria L : 68 cm Exceptionnelle statue d’ancêtre URHOBO, 142 cm… Milieu XIXe siècle Nigéria H : 142 cm Masque gazelle IBO 1ère moitié XXe siècle Nigéria H : 108 cm Masque buffle BAMILÉKÉ 1ère moitié XXe siècle Cameroun H : 80 cm Masque éléphant BAMILÉKÉ 1ère moitié XXe siècle Cameroun H : 109 cm Masque hippopotame msop BAMILÉKÉ Début du XXe siècle Cameroun H : 103 cm Masque royal BIKOM 1ère moitié XXe siècle Cameroun H : 54 cm Masque royal WUM 1ère moitié XXe siècle Cameroun H : 62 cm Porteur de coupe BABANKI 1ère moitié XXe siècle Cameroun H : 68 cm Statue d’ancêtre BAMILÉKÉ, personnage debout Début du XXe siècle Cameroun H : 91 cm Siège royal BAMILÉKÉ, caryatide léopard Début du XXe siècle Cameroun H : 46 cm Paire de poteaux BAMILÉKÉ, quatre personnages chacun 1ère moitié XXe siècle Cameroun H : 255 cm Masque BAMILÉKÉ noir, société kungan 1ère moitié XXe siècle Cameroun H : 34 cm Masque BAMILÉKÉ bicéphale, société de la nuit Début XXe siècle Cameroun L : 50 cm Calebasse de guerre BAMILÉKÉ, avec crâne et mâchoire Début Xxe siècle Cameroun H : 65 cm Tambour BAMILÉKÉ, société de la nuit 1ère moitié XXe siècle Cameroun H : 132 cm Coupe royale BAMILEKE 1ère moitié XXe siècle Cameroun Ø 51 cm Statue magique TIKAR XIXe siècle Cameroun H : 81 cm Statue de fertilité BOULOU XIXe siècle Cameroun 135 cm Effigie d’ancêtre BOULOU, XVIIIe siècle, ne1 XVIIIe siècle Cameroun H : 140 cm Effigie d’ancêtre BOULOU, XVIIIe siècle, ne2 XVIIIe siècle Cameroun H : 142 cm Tambour de village BOULOU, singe en train de courir Début XXe siècle Cameroun L : 89 cm Monolithe figurant un visage, origine inconnue Au moins 200 ans d’âge Cameroun (?) H : 58 cm Reliquaire TSOGHO, complet Fin XIXe siècle Gabon H : 33 cm Masque emboli des KOTA Fin XIXe siècle Gabon H : 74 cm Masque KONGO polychrome Début XXe siècle Congo H : 38 cm Fétiche KONGO agenouillé, charge magique manquante XIXe siècle Congo H : 22 cm Fétiche KONGO assis, complet XIXe siècle Congo H : 18 cm Fétiche KONGO à clous, debout, complet XIXe siècle Congo H : 38 cm Masque alunga des BEMBÉ Début XXe siècle Congo Zaïre H : 42 cm Fétiche YAKA, hauteur exceptionnelle (97 cm) Début XXe siècle Congo Zaïre H : 97 cm Masque SUKU, surmonté d’une femme qui accouche 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 45 cm Masque kakungu des SUKU Milieu du XIXe siècle Congo Zaïre H : 78 cm Masque buffle HOLO, raphias 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre L : 73 cm Masque PENDE, polychromie jaune, coiffe noire 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 27 cm Coupe à vin de palme KUBA 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 13 cm Masque royal KETE-KUBA, perles, cauris 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 35 cm Masque royal KETE-KUBA, polychromie, plumes rouges 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 48 cm Grand masque kifwébé des SONGYE, fibres, filets 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 66 cm Masque kifwébé des SONGYE, force exceptionnelle Début XXe siècle Congo Zaïre H : 43 cm Petit fétiche SONGYE, chargé d’ingrédients magiques Fin du XIXe siècle Congo Zaïre H : 45 cm Siège caryatide de prestige SONGYE 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 28,5 cm Masque animalier kifwébé LUBA, fibres 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 44 cm Masque BIOMBO, polychromie, raphias 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 34 cm Statuette d’ancêtre BOYO 2ème moitié XIXe siècle Congo Zaïre H : 54 cm Masque soko-mutu des HEMBA, costume d’écorces, ne1 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 90 cm Masque soko-mutu des HEMBA, costume d’écorces, ne2 1ère moitié XXe siècle Congo Zaïre H : 90 cm Masque, bois dur, rouge, yeux cernés de blanc, NGOMBE ( ?) Début du XXe siècle Congo Zaïre H : 28 cm Masque pwoh des LWENA Début du XXe siècle Angola H : 32 cm Masque pwoh des TCHOKWE, coiffe complète 1ère moitié XXe siècle Angola H : 23 cm Masque pwoh des TCHOKWE, crâne manquant Début du XXe siècle Angola H : 20 cm Masque MBUNDA, patine rouge 1ère moitié XXe siècle Zambie H : 58 cm Effigie funéraire BONGO, 2 m Début du XXe siècle Soudan H : 200 cm Poteau funéraire BONGO, 140 cm Début du XXe siècle Soudan H : 140 cm Corne de Tanzanie, ne1 1ère moitié XXe siècle Tanzanie L : 43 cm Corne de Tanzanie, ne2 1ère moitié XXe siècle Tanzanie L : 54 cm Corne de Tanzanie, ne3 1ère moitié XXe siècle Tanzanie L : 34 cm Statue SUKUMA, 2 m, plaques de fer, dos évidé, bras articulés Milieu du XIXe siècle Tanzanie H : 205 cm Petit Lexique de l’Art Africain(extraits du catalogue « Afrique : de la pensée magique au miracle de l’art » écrit par Patrick Sargos, aux éditions Hazan)ANCÊTRE Dans toute l’Afrique tribale, les ancêtres ont été vénérés et des cultes, souvent très forts, leur ont été rendus. La représentation des ancêtres se fait le plus souvent à travers des statues à l’allure particulièrement digne. De tels objets sont hautement sacrés et conservés à l’abri des regards. ANCIENNETE Les conditions de conservation des objets en Afrique subsaharienne sont désastreuses et les sculptures de bois ne peuvent survivre sur place pendant plus d’un siècle que dans des situations très particulières. Ainsi, les pièces de bois qui sont considérées habituellement comme d’une «ancienneté intéressante» datent le plus souvent de la première moitié du XXe siècle. Il existe aussi des objets provenant de civilisations disparues, le plus souvent des terres cuites, et, en moindre quantité, des bronzes, dont l’ancienneté peut être d’un ordre de grandeur différent, pouvant atteindre les 3000 ans d’âge pour les terres cuites. ART DE COUR Pour asseoir leur autorité, les rois, les chefs, les dignitaires, arborent des insignes qui attestent leur rang. Dans certaines régions, comme le Grassland camerounais, ou l’ancien royaume d’Abomey, ou encore les anciennes cités du pays Yorouba, existent de véritables palais, accompagnés de tout un art de cour. Comme dans tout le reste de l’art africain, le surréalisme et le sacré y sont omniprésents. AUTEL Dans les civilisations animistes, un autel est un emplacement consacré, sur lequel ont lieu des rites magiques secrets, impliquant le plus souvent des libations, voire des sacrifices d’animaux, sur des objets, afin de leur conférer des pouvoirs surnaturels. Les autels peuvent être concrétisés par un emplacement précis d’une case sacrée, mais aussi plus rarement, par un objet d’un type particulier. CARIATIDE (OU CARYATIDE) Dans l’architecture antique, chez les Grecs, mais aussi en Egypte et en Inde, les colonnes pouvaient être sculptées sous une apparence féminine, et le nom de cariatide qui les désigne, vient de la ville grecque de Caryes. Le concept de statue-colonne est donc très ancien. Dans l’art africain, il est omniprésent : les sièges cariatides, les coupes cariatides, les poteaux cariatides, sont des thèmes parmi les plus fréquents. La partie cariatide ne se limite pas à une statue féminine, et peut inclure des personnages masculins, des animaux, et même des scènes composées. 16 CAURIS Les cauris sont de petits coquillages qui ont longtemps servi de monnaie en Inde et en Afrique Noire. Ils sont, pour la plupart, originaires des îles Maldives et de Zanzibar. Les Arabes, puis les Portugais au XVIe siècle, en ont fait usage en Afrique. Symbole de richesse, les cauris servent d’éléments décoratifs dans le but de rehausser l’importance des objets de culte. Ils sont aussi utilisés pour la divination. CHARGE MAGIQUE Pour renforcer le pouvoir surnaturel des objets, les féticheurs ont recours aux substances magiques (sang, miroirs, clous, plaques métalliques, chaînes, cheveux, os, crânes d’animaux, plumes, coquilles d’oeuf, peaux avec poils, peaux de serpent, ongles, griffes d’animal, dents humaines ou animales, cornes, flacons, cadenas, tissus imbibés,…). Une charge magique est un amalgame de telles substances qui fait intimement partie de l’objet ; si l’amalgame est simplement accroché, on parle d’attributs magiques. L’un n’empêche pas l’autre, et il est fréquent de rencontrer des pièces particulièrement « chargées ». CIMIER Lors des cérémonies, certaines sculptures se portent au-dessus de la tête, alors que leur potentiel surnaturel est le même que celui des masques. Pour les désigner, le mot « coiffe » est trop faible, et on parle de « cimier ». Le plus souvent, ces objets sont tenus en équilibre sur un support en vannerie, ou par le costume auquel ils sont attachés et qui cache le danseur. DEVIN, FETICHEUR, GUERISSEUR, SORCIER En Afrique francophone, les personnes qui pratiquent les rites qu’on pourrait qualifier de sorcellerie, ne portent pas le nom de sorcier, qui possède une connotation trop forte en français, mais plutôt de devin, de féticheur ou de guérisseur. Quand un patient consulte un féticheur, celui-ci doit commencer par un acte de divination pour découvrir l’origine du problème. Il demande à son patient de faire fabriquer un fétiche adapté à son mal, puis il consacrera la sculpture par des sacrifices et des formules magiques. DIVINATION La divination est un acte surnaturel pour découvrir et comprendre ce qui nous échappe, et tout particulièrement les problèmes quotidiens (soupçons d’infidélité du conjoint,…) ou médicaux. Elle se pratique essentiellement par l’intermédiaire de fétiches de toutes sortes ; la divination par l’interprétation du lancer de cauris est également fréquente. Les inventions plus marginales pour la pratique de la divination ne manquent pas d’intérêt, comme par exemple les célèbres « oracles à souris » chez les BAOULE de Côte d’Ivoire. ENVOÛTEMENT, DÉSENVOÛTEMENT L’envoûtement fait partie de ce qu’on appelle la « magie noire » dont le but est de nuire à autrui. Fortement combattue dans la plupart des tribus, elle se pratique en secret et ne laisse pas de traces. Par contre, le désenvoûtement est l’une des activités reconnues des féticheurs. FERTILITÉ La fertilité, qu’il s’agisse de celle de la femme ou de celle de la terre, est une préoccupation essentielle du monde tribal. Chose curieuse, ces deux formes de fertilité sont souvent associées, et de nombreux rites communs leur sont consacrés. FÉTICHE Ce mot provient du mot « feitiço », signifiant amulette, que les marins portugais ont introduit très tôt en Afrique pour désigner les sculptures auxquelles les Africains vouaient des cultes. Aujourd’hui, le fétiche désigne un objet qui a été consacré par des rites magiques qui lui confèrent des pouvoirs surnaturels. Il en existe de toutes sortes, allant des grands fétiches protecteurs du village, aux fétiches miniatures servant de porte-bonheur, en passant par ceux qui sont destinés à la protection de la famille, ceux qui ont des vertus médicinales, ceux qui éloignent les esprits, ceux qui apportent la pluie, pour ne citer que les plus courants. FUNÉRAILLES À la mort d’un individu, son âme continue à errer parmi les vivants. Pour ne pas l’irriter et même pour tirer profit de ses forces surnaturelles, ou pour l’aider à rejoindre le territoire des ancêtres, se déroulent des rites précis et complexes, qui prennent le nom de funérailles. Si ce n’est le fait qu’elles impliquent des masques hautement sacrés destinés à protéger le danseur de l’esprit du défunt, les funérailles ne se ressemblent pas beaucoup d’une ethnie à l’autre. INITIATION Les jeunes gens d’une même classe d’âge d’un village subissent, à la puberté, des rites de passage de l’état d’enfant à celui d’initié. Les garçons sont isolés pendant une longue période où ils devront subir des épreuves particulièrement difficiles et recevront un enseignement initiatique les amenant aux secrets du fonctionnement de la société. Alors que les garçons affirmeront leur sexe par la cérémonie de la circoncision, les jeunes filles aborderont l’épreuve terrible de l’excision, mais le reste de leur initiation sera moins sévère. Les enseignements et les épreuves sont organisés par des sociétés secrètes qui ont chacune un rôle occulte dans la vie sociale. Leurs membres se présentent aux novices avec des masques et des costumes terrifiants pour imposer le respect par la crainte. En période d’initiation, se déroulent au village des fêtes qui atteignent leur paroxysme lorsque les jeunes garçons reviennent du camp retranché où ils étaient isolés depuis des mois. 18 JANUS Ce mot, inspiré de la mythologie romaine (le dieu Janus est représenté avec deux têtes opposées, lui permettant de surveiller les deux côtés de la porte dont il est le gardien) s’adapte parfaitement à l’art africain. En effet, de très nombreuses sculptures, autant les masques que les statues, présentent deux personnages opposés, sans qu’il soit nécessaire d’y trouver un sens symbolique. On parle alors de masque ou de statue janus. LIBATIONS Dans l’antiquité, faire des libations désignait l’acte de prodiguer des offrandes rituelles aux dieux, en répandant un liquide sacré sur un autel. Le glissement de ce mot pour désigner les offrandes rituelles sous forme liquide (sang d’animal sacrifié, huile, alcool, décoctions), faites sur des sculptures consacrées et destinées aux esprits qui les habitent, est parfaitement naturel. MASQUES La façon dont les masques sont portés par le danseur ne correspond pas toujours à ce qu’on pourrait attendre. Bien sûr, les masques faciaux et les masques-heaumes se portent le plus souvent de la façon la plus naturelle. Mais les exceptions ne sont pas rares, comme celles où le masque se porte au-dessus du visage, ou en position horizontale sur le crâne, en étant accroché au danseur par le costume dans les deux cas. D’autres, de plus petite taille, sont exhibés au bout d’un bâton, ou accrochés à un costume, ou sont simplement tenus dans la paume de la main. Ces détails sont utiles à connaître quand on veut détecter les faux, dont les usures artificielles ne sont pas au bon emplacement, simplement parce que le faussaire ne connaît pas le mode d’utilisation du masque. Les masques les plus courants sont ceux qui apparaissent lors des cérémonies publiques. Certains d’entre eux ont un caractère purement festif; ils sont portés par des danseurs costumés qui miment des scènes de la vie courante ou de la mythologie, ou qui accomplissent des figures acrobatiques ; ils ont essentiellement un rôle de divertissement, ce qui ne les empêche cependant pas de posséder un caractère sacré. Les cérémonies ne se limitent pas aux intermèdes ludiques décrits cidessus. Elles comportent des phases consacrées à la rencontre avec les esprits concernés (par exemple les esprits de la brousse lors des rites agraires). Cela se fait par l’intermédiaire d’un danseur masqué ; il s’agit ici d’un initié de haut rang qui se trouve responsable d’un masque lourdement chargé de magie. Les confréries secrètes, qui régissent certains aspects de la vie de la tribu d’une manière occulte, utilisent aussi des masques lorsque les membres se réunissent entre eux ou lorsqu’ils se produisent lors de rites concernant un public plus élargi. Ces masques peuvent être destinés à la sorcellerie, à l’initiation, à la médecine, aux funérailles, à l’intronisation du nouveau roi, ou aux commémorations d’ancêtres, pour ne citer que les utilisations les plus classiques. Ce sont les sociétés secrètes qui sont également chargées des masques dits « à fonction sociale », comme la répression ou la justice. Dans la plupart de ces exemples, le personnage caché reste anonyme (…) RELIQUAIRE, FIGURE DE RELIQUAIRE Les reliquaires du Gabon figurent parmi les objets africains les plus célèbres. Au coeur du culte des morts, le reliquaire est l’association d’un panier contenant les ossements, et plus particulièrement les crânes, d’un ou plusieurs ancêtres, avec une sculpture abstraite qui est une évocation du ou des ancêtres et qu’on désigne aujourd’hui sous le nom de « figure de reliquaire ». SACRIFICE Le sacrifice d’un animal est toujours la phase la plus intense d’un rite magique. Le sang recueilli sert le plus souvent à arroser les objets sacrés pour renforcer leur pouvoir surnaturel. Les sacrifices humains pour raisons rituelles ne sont pas des légendes. Ils ont été peu à peu remplacés par des sacrifices de chiens ou de chèvres, et aujourd’hui, les poulets font l’affaire dans presque toutes les situations, bien que des rumeurs persistent, concernant certaines traditions très dures. En rapport avec l’art, il faut savoir que des objets d’une finesse et d’une douceur émouvantes, pouvaient être liés à des sacrifices humains. L’art tribal, aussi subtil soit-il, est rarement innocent. SANCTUAIRE Le sanctuaire est un endroit protégé dans lequel « vivent » les objets les plus sacrés. Ces derniers sont nourris par des offrandes, consultés avant de prendre des décisions ; ils protègent et agissent sur le monde extérieur. Leur simple vue par un non-initié pouvait être autrefois punie de mort. SIÈGE En Afrique subsaharienne, on vit à même le sol. Les sièges ne servent pas au confort quotidien, mais sont des objets de prestige. Lors des réunions, ils rappellent le rang social de leur propriétaire. Aux yeux de la tribu, le siège d’un chef est profondément sacré. SOCIÉTÉS SECRÈTES L’organisation de nombreuses activités sociales est le domaine réservé d’associations plus ou moins secrètes. Par exemple, chez les YOROUBA, à l’Ouest du Nigéria, l’importante société Guélédé, liée à la fertilité, a pour but d’apaiser la sorcière qui sommeille en toute femme ; elle organise de grandes festivités masquées et ne possède aucun rôle occulte. D’autres confréries, par contre, restent d’une opacité totale quant à leur mode d’action et peuvent même pousser le mystère jusqu’à l’anonymat de leurs membres. Elles peuvent se charger de l’organisation des cérémonies incontournables, telles que l’initiation, les funérailles, les rites de fertilité, les intronisations. C’est également aux sociétés secrètes que reviennent les fonctions de justice, de répression et de lutte contre la sorcellerie ; dans certains cas, elles prennent les décisions politiques, voire guerrières. Par le passé, des sociétés secrètes ont dépassé leur rôle initial, et ont semé la terreur en assassinant sous couvert de meurtres rituels, comme la société du Nguil, chez les FANG du Gabon, combattue par les Français, et finalement interdite vers 1910. L’histoire des hommes-léopards, en Afrique centrale, est encore plus édifiante. Les jeunes initiés étaient soumis à des 20 entraînements violents de type criminel, puis ils étaient chargés d’assassiner la nuit des personnalités de la tribu pour des raisons d’intérêt, en leur laissant des blessures au cou, comme s’ils avaient été victimes d’une attaque de léopard. Cette secte a cessé ses terribles activités dans les années 1940. STATUE, STATUETTE Une statuette est une petite statue, mais la frontière entre les deux mots n’est évidemment pas précise. À cause du mot anglais figure, qui est utilisé notamment pour désigner les statuettes d’art africain, le glissement du mot français « figure », qui est, dans le domaine des beaux-arts, synonyme de « représentation », et qui est couramment employé dans le sens de son homonyme anglais, n’est pas justifié, car le mot propre est « figurine ». Cela étant, dans le domaine de l’art africain, les statues et les statuettes recouvrent une immense catégorie d’objets. Les plus fréquentes sont, de loin, les fétiches de toutes sortes. Les statues d’ancêtres ou les statues funéraires ne sont pas rares. Mais à cela, il faut ajouter toutes les statuettes qui relèvent d’un culte particulier. Les statues et les statuettes d’une part, et les masques d’autre part, constituent les deux grandes formes d’art les plus développées en Afrique. SURRÉALISME Il est surprenant que les civilisations dites « premières » aient toutes inventé une forme élaborée de surréalisme, tout en refusant le réalisme (à de rares exceptions près). Qu’il s’agisse de l’art océanien, de l’art himalayen, de l’art des Indiens d’Amérique du Nord, de l’art précolombien, de l’art esquimau, ou de l’art africain, on trouve un point commun, qui est la recherche de formes irréelles, évocatrices et puissantes, pour exprimer une vision du monde. TAMBOUR Le tambour est avant tout un instrument de musique. Une formation de joueurs de tambours à membrane produit un bruit très puissant et rythmé qui est une irrésistible invitation à la danse. C’est cependant dans les autres catégories de tambours qu’il faut chercher les réalisations artistiques et magiques : tambours de village, tambours annonciateurs (par exemple qui annoncent le passage du roi, ou la victoire à la guerre), tambours de communication (entre deux villages), tambours de guerre, tambours de cérémonie, sont des exemples permettant au sculpteur d’exprimer son talent créateur. Ces objets ajoutent à leur fonction d’origine un aspect sacré, et certains sont même des supports pour des cultes puissants. Légende photos planche contact (p. 23) (extraits du catalogue « Afrique : de la pensée magique au miracle de l’art » écrit par Patrick Sargos, aux éditions Hazan) Les numéros se rapportent aux photos de la page 23
1 Masque royal KETE-KUBA
CONGO ZAÏRE
H : 48 cm
1ère moitié XXe siècle 1. Masque royal KETE-KUBA CONGO ZAÏRE H : 48 cm. 1ère moitié XXè siècle Masque d’intronisation chez les KÉTÉ. Ce masque symbolisait la transition du pouvoir, mais n’était pas la propriété de la famille royale. On notera le soin extrême apporté à l’ornementation, et tout particulièrement aux plumes de perroquets. 2. Puissante tête en terre cuite NOK, NIGERIA H : 52 cm - Environ 2000 ans d’âge Cette tête en terre cuite provient de la célèbre civilisation Nok, au Nigéria. Le style est particulièrement intéressant, car il nous informe que les artistes de cette époque étaient déjà des maîtres de l’art « sur expressif ». 3. Grand masque kifwébé des SONGYE, CONGO ZAÏRE H : 66 cm- 1ère moitié XXe siècle Les masques féminins « kifwébé » étaient portés à l’occasion de danses nocturnes, comme par exemple durant les importantes cérémonies lunaires, lors d’une investiture ou à l’occasion de la mort d’un seigneur. 4. Masque royal BIKOM, CAMEROUN H: 54 cm - 1ère moitié XXe siècle Ce masque royal de la chefferie de Békom en pays BAMILEKE était utilisé par le roi en personne pour inaugurer les cérémonies. Sa particularité réside dans la puissance des trois chiens sur le sommet. Il se portait horizontalement sur la tête. 5. Masque kakungu des SUKU, CONGO ZAÏRE H : 78 cm - Milieu du XIXe siècle Les masques « kakungu » des SUKU figurent parmi les plus grands d’Afrique. Hautement sacrés, ils constituaient la pièce principale des rites d’initiation. Conservés dans une case secrète, à l’écart du village, ils étaient consultés pour des raisons médicinales, notamment par les parents d’enfants anormaux. 6. Fétiche FON, BENIN H : 78 cm - Début du XXe siècle Ce fétiche botchio recouvert d’authentiques et très anciennes chaînes d’esclaves, présentant deux crânes de crocodiles, est certainement unique. Son rôle est le désenvoûtement, comme le confirme la symbolique des chaînes, d’ordinaire utilisées pour entraver les personnes atteintes de folie par envoûtement.
7 Couple de cimiers ty-wara
MALI
H : 102 cm – 75 cm
1ère moitié XXe siècle 7. Couple de cimiers ty-wara, MALI H : 102 cm – 75 cm - 1ère moitié XXe siècle Les cimiers les plus célèbres de toute l’Afrique sont les représentations d’antilope utilisées par les BAMBARA du Mali lors de leurs rites agraires. Appelées « Tywara », ces sculptures ont été immédiatement comprises par les Occidentaux et sont rapidement devenues emblématiques de l’art africain. Les BAMBARA eux-mêmes les ont tellement appréciées qu’ils en ont fait des caricatures, pouvant aller jusqu’au chef-d’oeuvre du surréalisme, alors que le modèle de base est déjà fortement stylisé. 8. Statue de divinité assise YOROUBA, NIGERIA H : 83 cm - Début du XXè siècle Cette représentation féminine d’une divinité YOROUBA fait apparaître une position assise particulièrement digne, avec une coiffe élaborée qui montre le statut social élevé de la personnalité figurée. Entre ses pieds, on remarque un plat destiné à recevoir les offrandes rituelles ; les traces de morsures de rongeurs confirment la présence de nourriture à cet emplacement. 9. Masque gla des DAN-GUERE, COTE D’IVOIRE H: 84 cm - Début du XXe siècle Les « masques chanteurs », de la région de Bangolo, représentent la beauté féminine. Lors de leurs apparitions, les GUERE, voisins des DAN, entonnent des chants qui relatent des histoires traditionnelles. Il est rare que les masques anciens aient conservé leur coiffe intacte. Dans le cas présent, la moitié inférieure du visage était recouverte d’une feutrine rouge, aujourd’hui ravagée. Tout le reste semble intact. 10. Siège royal BAMILÉKÉ, caryatide léopard, CAMEROUN H: 46 cm - Début du XXe siècle Siège ayant probablement appartenu à un roi BAMILÉKÉ. Chez les BAMILEKE, on pensait que les rois, appelés « fon », avaient la faculté de se dédoubler sous la forme d’un animal royal, l’éléphant, le léopard ou le buffle. Ce siège caryatide pourrait être celui d’un « fon » dont le double animal est précisément un léopard. 11. Masque éléphant BAMILÉKÉ, CAMEROUN H: 109 cm - Première moitié du XXe siècle Chez les BAMILEKE, le masque éléphant est le plus rare et le plus important des masques de danse. Lors des grandes manifestations, il arrive et repart en dernier sur l’aire de danse. Porté par un chef de lignage digne de ce privilège, il incarne le roi. 12. Masque SUKU, surmonté d’une femme qui accouche, CONGO ZAIRE H : 45 cm - 1ère moitié du XXe siècle Ces masques-heaumes intervenaient lors des initiations des jeunes garçons chez les SUKU. Ils sont reconnaissables par le fait qu’ils sont surmontés d’un animal ou d’un personnage humain en train de se lever, symbolisant la vivacité dont doivent faire preuve les initiés. On voit ici une femme en train d’accoucher. Il est possible que le masque soit lié à l’éducation sexuelle ou que la magie de la figurine favorise la procréation chez les jeunes initiés. Planche contact VISUELS LIBRES DE DROITS, DISPONIBLES POUR LA PRESSE Pour obtenir l’un de ces visuels, contactez le service photo au 05 59 41 54 48 ou adressez un mail à : presse@biarritz.fr en indiquant le titre des oeuvres que vous souhaitez recevoir. Photos disponibles également sur le site www.biarritz.fr, rubrique espace presse. Photothèque réglementée. © Photo : Nicolas Sargos – Collection particulière |
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