Fêtes du 400e : le Musée du quai Branly offrira deux expositions
Julie Lemieux Le Soleil trouvé sur cyberpresse.ca,
Paris mercredi 10 octobre 2007
Une
des expositions traite du phénomène de la réparation des objets en Afrique.
Objets quotidiens, telles de simples calebasses. Ou objets rares et précieux,
comme ce masque anthropozoomorphe à l’image de l’antilope ka.
Musée du quai Branly Benin
Branly, five centuries of royal art at the musée du Quai Branly, from 2 October 2007 to 6 January 2008
La direction du Musée du quai Branly promet que les deux
expositions qu’elle exportera à Québec en 2008 n’auront pas des airs de
prix de consolation pour compenser l’annulation de l’événement sur les
familles souches. « C’est une chose pour laquelle nous mettons notre image de
marque en jeu. Ce n’est pas un prix de consolation, mais une grande fierté »,
assure le président du Musée, Stéphane Martin.
Devant le ministre responsable de la Capitale-Nationale,
Philippe Couillard, et la délégation de la Société du 400e, M. Martin a
expliqué hier la teneur de ce legs de la France pour les festivités de 2008.
Le Musée du quai Branly présentera ainsi au Musée de la civilisation deux
expositions provenant du monde francophone qui viennent de quitter les salles de
cette institution et qui ont remporté du succès au cours des derniers mois.
L’Afrique
La première s’intitule Ideqqi et fait honneur à la poterie
des femmes berbères du nord de l’Algérie.« C’est un art qui est pratiqué
par les femmes dans un contexte difficile, dans un monde de plus en plus islamisé,
où la posture des femmes est remise en question. C’est à la fois le reflet
d’un art d’un très grand esthétisme et d’une situation sociale, économique
et politique », a expliqué M. Martin.
La deuxième exposition traite du phénomène de la réparation des objets en
Afrique. La réparation d’objets précieux, rares, prestigieux, et celle
d’objets qui auraient tout simplement pu être remplacés pour moins que rien,
mais qui ont fait l’objet de multiples soins. Des œuvres d’art africain
d’une très grande valeur seront donc exposées à Québec, mais aussi des
objets qui sont devenus uniques en raison de la persévérance de leurs propriétaires.
« Ces réparations finissent par être des cicatrices, des traces d’une espèce
de rapport social entre l’objet et celui qui répare. Dans l’exposition, il
y a par exemple un objet de mariage qui a dû être réparé une trentaine de
fois et qui est couturé, comme un vieux militaire, de cicatrices dans tous les
sens », soutient M. Martin. L’exposition est accompagnée de poésie et se
penche sur les raisons qui poussent un Africain à investir autant d’énergie
à réparer un objet qui, en apparence, n’en vaut pas la peine.
Ces deux expositions voyageront pour la première fois à l’étranger et
constituent le plus gros projet d’exportation du Musée, qui a produit
jusqu’à maintenant quatre manifestations à l’extérieur de la France. Stéphane
Martin se dit très fier qu’elles soient d’abord présentées à Québec.
D’abord, parce que ce public a selon lui l’habitude des expositions plus
corsées, plus complexes. Mais aussi, parce que le Musée de la civilisation de
la capitale a grandement inspiré celui du quai Branly, qui a ouvert ses portes
il y a 13 mois seulement et qui a déjà attiré plus de deux millions de
visiteurs.
« Quand on a commencé à imaginer le Musée du quai Branly, à partir de 1996,
les premiers voyages qu’on a faits, c’est d’aller à Québec et à Montréal
pour voir ce qui se passait au Canada. Aller à Québec, c’est un peu un
retour aux sources. Vous avez vraiment inventé le concept d’expositions à thèmes,
d’expositions sur les idées. Pas simplement des expositions basées sur le
rassemblement des œuvres d’un artiste ou sur le traitement d’une époque,
mais aussi sur les sujets de société. On a appris beaucoup de choses du
Canada. »
La directrice du Musée de la civilisation, Claire Simard, viendra à Paris la
semaine prochaine pour discuter de ces expositions, qui seront présentées
avant et pendant le Sommet de la Francophonie. « Le monde francophone, c’est
notre public. Et d’avoir la possibilité de les présenter pendant le Sommet
est une chance exceptionnelle », affirme le président. M. Martin espère que
l’événement saura faire oublier le report de l’exposition sur les familles
souches, promise en février par Jean-Pierre Raffarin.
« Quand vous décidez de vous marier avec une jeune fille blonde et que vous épousez
finalement une jeune fille brune, les deux sont intéressantes. Les expositions
que vous allez voir à Québec n’ont rien à voir avec celle sur les familles
souches. Une exposition, ça ne s’improvise pas. Ce que vous allez voir là,
ce sont deux expositions très abouties, très poétiques, très différentes de
ce qu’on voit dans les musées français. Celle sur les familles souches se
fera un jour, mais ça nécessite beaucoup de travail. L’objectif de tout le
monde, c’est de montrer des expositions de très grande qualité. Il vaut
mieux un sujet différent, mais à un très haut niveau de qualité. »
Bénin, 5 siècles d’art royal
trouvé sur http://www.voyage.youvox.fr
L’exposition internationale "Bénin, Cinq siècles d’art royal", s’installe
dans la galerie Jardin du musée
du quai Branly,
à Paris, jusqu’au 6 janvier. Le royaume du Bénin, dans le sud du Nigéria,
est connu pour ses sculptures en bronze, un reflet de l’importance historique
de l’empire du Bénin dans l’histoire de l’Afrique du XVe au XIXe siècle
et de la qualité exceptionnelle de sa production artistique. De nombreuses œuvres
ont rejoint les collections européennes au moment de la destruction de la ville
de Bénin et du palais royal en 1897 ramenées par l’anthropologue Félix Von
Luschan, conservateur au musée ethnographique de Berlin. Cette expo permet,
pour la première fois en Europe, le rassemblement de ces collections conservées
principalement en Angleterre, en Allemagne et en Autriche. Les oeuvres, liées
historiquement, offrent un panorama de l’art et de la culture du Bénin.
Bronzes, ivoires mais aussi cartes, manuscrits et chroniques de voyages témoignent
de la qualité et la richesse de ces objets en tant qu’œuvres d’art mais
donnent également aux visiteurs la possibilité de comprendre leur importance
comme sources historiques sur le passé du royaume de Bénin.
En pratique : Visite de l’expo : 1
heure, Tarif :
8 euros pour les adultes. Catalogue "Bénin, cinq siècles d’art
royal", sous la direction de Barbara Plankensteiner et Yves Le Fur, 544
pages, édition musée du quai Branly.
Crédit photo : Musée Branly - Tête commémorative d’un
roi - uhunmwun-elao © Ethnologisches Museum - Staatliche Museen zu Berlin
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